La commission du patrimoine spéléologique
et karstique de la SSS est constitué de 13 groupes régionaux couvrant
le territoire national et d’un bureau formé des responsables des
groupes régionaux, d’un(e) président(e) et d’un représentant
de l’ISSKA (secrétariat général). Ce mode de fonctionnement
permet de discuter de la politique générale des activités
dans une structure démocratique et associative, c’est-à-dire
de la commission du patrimoine spéléologique et karstique de la
SSS, alors que l’essentiel des tâches de coordination est assumé
par un secrétariat professionnel.
Marie-Hélène Oppliger
assume la présidence de la commission et Pierre-Yves Jeannin, en tant
que collaborateur ISSKA en charge du secteur patrimoine, assume le secrétariat
général. Ils organisent des séances régulières
(environ toutes les deux semaines) pour la coordination de l'ensemble des activités
du secteur. En outre, six séances annuelles sont organisées avec
les responsables des groupes régionaux de la commission (bureau de la
commission), où se discute la ligne générale de conduite
des activités.
Courant 2003, différents thèmes
ont été abordés au cours de ces séances :
L’utilité d’entreprendre une démarche systématique
auprès des places de tir de l’armée suisse pour les sensibiliser
aux dégâts qu’ils produisent sur le paysage karstique a
été évaluée. Après débat, il est
décidé d’agir au cas par cas.
Des cartes des zones de l’inventaire fédéral du paysage
ont été distribuées aux responsables régionaux.
Ces cartes devraient être complétées avec les zones protégées
au niveau cantonal.
La structure et le contenu du site web de la commission ont été
discutés, ce qui a permis de le mettre en fonction au milieu de l’année
(www.speleo.ch/commissions/protection/index_fr.php)
Des discussions sur les diverses approches et techniques de dépollution
de sites ont été menées.
Les questions liées à l’évaluation des géotopes
spéléologiques et karstiques ont été abordées.
La centralisation des données du patrimoine spéléologique
dans une banque de donnée nationale a aussi été organisée.
Le dépouillement des feuilles officielles permettant d’identifier
les projets d’aménagements pouvant porter atteinte du karst et
aux grottes a été mis sur pied.
Un projet de panneau destiné à être apposé sur
les sites karstiques les plus menacés est en préparation.
Une sensibilisation des promoteurs de parc régionaux, ou de «
géoparcs » a débuté.
Ces séances sont évidemment
l’occasion d’échanger des informations et expériences
entre les responsables des groupes régionaux (voir rapports détaillés
des groupes ci-après).
En outre plusieurs articles ont été écrits en cours d’année
(voir liste annexée en fin de rapport).
Parallèlement à l’activité
régulière des groupes régionaux, une action de sensibilisation
du public, plus particulièrement dans les écoles a été
menée par l’ISSKA. Au travers de cours, de conférences et
d’excursions plus de 4000 élèves de suisse romande ont été
touchés.
Un cours de deux jours sur l’évaluation
de la valeur des grottes en tant que géotopes a aussi été
organisé à l’attention des spéléologues.
Enfin, diverses activités liées
au patrimoine spéléologique et karstique sont liées au
secteur ostéologie-paléontologie de l’ISSKA, qui coordonne
les découvertes d’ossements faites dans les grottes de Suisse (www.isska.ch/brochure/francais/gestion.html).
Programme
national
Evidemment l’organisation régulière
des séances susmentionnées a aussi pour but de maintenir un certain
dynamisme et une ligne cohérente à l’échelle de la
Suisse dans les activités des groupes régionaux. Ceci représente
en fait un des objectifs principaux de notre Programme national pour la conservation
du patrimoine spéléologique et karstique. En complément
aux séances, nous essayons de stimuler la création de groupes
régionaux, là où ils n’existent pas encore. En 2003,
les groupes Vaud, Jura/Jura bernois, Berne, Lucerne, Neuchâtel, Valais,
Fribourg, Suisse centrale (OW, NW, UR), Suisse nord-orientale (ZH, TH, SH, ZG)
et Suisse orientale (SG, AI, AR, SZ, GL) étaient déjà actifs.
Nos initiatives ont incité les spéléologues de la région
BL-SO-AG à organiser progressivement leur groupe. Au Tessin, les contacts
avec le club de spéléologie ont permis de préparer un programme
qui se mettra en place à partir de 2004. Enfin, aux Grisons, l’absence
de club de spéléologie dans cette région fait qu’il
est pour le moment difficile d’envisager d’y former un groupe réellement
actif. Une liste des spéléologues actifs dans ce canton a toutefois
été élaborée.
Contacter et sensibiliser les autorités
de notre pays, c’est-à-dire principalement les cantons, constitue
l’autre point fort de notre démarche. A ce jour des contacts assez
réguliers sont maintenus avec les services des cantons de Vaud, Neuchâtel,
Jura, Berne, Valais, Lucerne, Fribourg, Nidwald, Obwald, et Soleure. En 2003
les services des cantons de Schwytz, St-Gall, Appenzell (int. et ext.), Bâle
campagne et Argovie ont été contactés. A l’exception
du canton d’Argovie qui a simplement refusé de nous recevoir, tous
ont été visités. Des partenariats sont en cours d’élaboration
avec ces cantons, mais la forme de ces collaborations diffère fortement
en fonction de la politique cantonale, de l’importance des zones karstiques
sur leur territoire et des interlocuteurs que nous avons rencontrés.
En outre des contacts sont maintenus
avec les organisations de protection de la nature, en particulier avec Pro-Natura,
mais également avec le WWF ou des associations de protection de la nature
ou pour la création de parcs régionaux.
Il est toujours frappant de constater
le manque de connaissances des différents organismes contactés
à propos des particularités de la gestion du milieu karstique
et des grottes en particulier. Bien souvent, des questions aussi simples que
« à qui appartiennent les grottes ? » ou « quelles
services de votre administration sont concernés » ne trouvent pas
de réponse… Dans tous les cas, les personnes sont très intéressées
à disposer d’une adresse de contact pour ces questions.
Mandats
A côté des activités
se rattachant directement au cahier des charges de la commission du patrimoine
spéléologique et karstique de la SSS, un certain nombre de mandats
visant à protéger le milieu karstique ont été réalisés,
essentiellement par l’ISSKA.
Une étude visant à rechercher
l’origine de la pollution présente dans les sources de Covatannaz
(VD) a conduit à participer à la réalisation de deux essais
de traçage dans le bassin d’alimentation des sources de Covatannaz.
Un rapport final a été rédigé, permettant aux autorités
de cibler les mesures de protection à prendre à l’avenir.
La grotte de Milandre (géotope
d’importance nationale) est menacée par la construction de l’autoroute
A16. En collaboration avec d’autres partenaires, parmi lesquels les spéléologues
jurassiens, une série importante de mesures de protection visant à
protéger la grotte et les eaux souterraines doivent être mises
en place parallèlement à l’avancement du chantier de la
route. On notera l’esprit de collaboration très positif du service
des Ponts et chaussées du canton du Jura pour prendre en considération
la protection du milieu karstique.