La commission du patrimoine spéléologique
et karstique de la SSS est constitué de 13 groupes régionaux couvrant
le territoire national et d'un bureau formé des responsables des groupes
régionaux, d'un(e) président(e) et d'un représentant de
l'ISSKA (secrétariat général). Ce mode de fonctionnement
permet de discuter de la politique générale des activités
dans une structure démocratique et associative, c'est-à-dire de
la commission du patrimoine spéléologique et karstique de la SSS,
alors que l'essentiel des tâches de coordination est assumé par
un secrétariat professionnel.
Les séances du bureau de la commission, formé
des responsables des groupes régionaux et d'un représentant de
l'ISSKA (secrétariat général) ont permis de maintenir les
activités de la commission malgré l'absence de président.
En effet, Marie-Hélène Oppliger, que nous profitons ici de remercier,
a remis son mandat de présidente au début de l'année 2004.
La recherche d'un nouveau(nouvelle) président(e) fut certes à
l'ordre du jour ne nos séances, mais le travail à quand même
pu continuer. Le président joue un rôle important pour éviter
que l'ISSKA ne prenne trop de poids dans la marche de la commission.
En outre, diverses activités liées au patrimoine spéléologique
et karstique sont liées au secteur ostéologie-paléontologie
de l'ISSKA, qui coordonne les découvertes d'ossements faites dans
les grottes de Suisse.
Courant 2004, différentes activités
peuvent être portées à l'actif de la commission:
Contact officiel avec l'armée suisse pour gérer la problématique
des dépôts d'obus ou de munitions dans les fissures et cavités
karstiques. Un article sortira dans Stalactite à ce sujet.
Des discussions avec l'OFEFP nous ont montré qu'au niveau fédéral,
il faudra dans le futur tendre à concilier les géotopes avec
les objets de l'inventaire fédéral du paysage (IFP). Une réflexion
détaillée à ce sujet sera menée en 2005.
Le site internet de la commission a été mis à jour.
La centralisation des données du patrimoine spéléologique
dans une banque de donnée nationale a aussi été organisée,
elle n'est toutefois que théorique pour le moment.
Le dépouillement des feuilles officielles permettant d'identifier
les projets d'aménagements pouvant porter atteinte au karst et aux
grottes a été mis sur pied, il couvre maintenant presque toute
la Suisse.
Un projet de panneau destiné à être posé devant
certains sites karstiques menacés est presque terminé.
Via l'ISSKA, la commission est représentée dans un groupe
de l'Académie Suisse des Sciences naturelles travaillant sur le thème
des géoparcs en Suisse.
Les activités « réelles », c'est-à-dire sur
le terrain, sont menées par les groupes régionaux. Les rapports
d'activité de ceux-ci peuvent être consultés sur Internet.
Signalons toutefois la dépollution de près de 40 cavités
à travers la Suisse dans le courant l'année 2004 ! C'est à
inscrire dans les annales...
Programme national
Evidemment l'organisation régulière
des séances susmentionnées a aussi pour but de maintenir un certain
dynamisme et une ligne cohérente à l'échelle de la Suisse
dans les activités des groupes régionaux. Ceci représente
en fait un des objectifs principaux de notre Programme national pour la conservation
du patrimoine spéléologique et karstique. En complément
aux séances, nous essayons de stimuler la création de groupes
régionaux, là où ils n'existent pas encore.
En 2004, on peut considérer que 11 groupes sur les 13 que nous appelions
de nos voeux étaient déjà actifs. Au Tessin, les contacts
avec le club de spéléologie ont permis de préparer un programme
qui est en train de se mettre en place, . alors qu'aux Grisons, l'absence de
club de spéléologie dans cette région fait qu'il est pour
le moment difficile d'envisager d'y former un groupe réellement actif.
Une liste des spéléologues actifs dans ce canton a toutefois été
élaborée.
Contacter et sensibiliser les autorités de notre pays, c'est-à-dire
principalement les cantons, constitue l'autre point fort de notre démarche.
A ce jour des contacts assez réguliers sont maintenus avec les services
des cantons de Vaud, Neuchâtel, Jura, Berne, Valais, Lucerne, Fribourg,
Nidwald, Obwald, et Soleure. En 2004 les services des cantons des Grisons, de
Glaris et de Zurich ont été contactés, ce qui a permis
de leur rendre visite. Des partenariats sont en cours d'élaboration avec
ces cantons, mais la forme de ces collaborations diffère fortement en
fonction de la politique cantonale, de l'importance des zones karstiques sur
leur territoire et des interlocuteurs que nous avons rencontrés.
En outre des contacts sont maintenus avec les organisations de protection de
la nature, en particulier avec Pro-Natura, mais également avec le WWF
ou des associations de protection de la nature ou pour la création de
parcs régionaux.
Il est toujours frappant de constater le manque de connaissances des différents
organismes contactés à propos des particularités de la
gestion du milieu karstique et des grottes en particulier. Bien souvent, des
questions aussi simples que « à qui appartiennent les grottes ?
» ou « quelles services de votre administration sont concernés
» ne trouvent pas de réponse... Dans tous les cas, les personnes
sont très intéressées à disposer d'une adresse de
contact pour ces questions.
Mandats
A côté des activités
se rattachant directement au cahier des charges de la commission du patrimoine
spéléologique et karstique de la SSS, un certain nombre de mandats
visant à protéger le milieu karstique ont été réalisés,
essentiellement par l'ISSKA.
Un inventaire des sites karstiques (gouffres et dolines) pollués du canton
de Berne a été mené en 2004 et livré aux Autorités
cantonales. Il comprend une majorité de sites dans le Jura, mais aussi
une série de sites dans l'Oberland. Un même inventaire a été
fait pour la partie karstique du canton de Lucerne (Haut Mariental-Schrattenfluh).
Un mandat de dépollution d'une trentaine de sites a été
également mené dans le canton de Vaud, avec l'aide de deux civilistes.
Cette action qui a eu pas mal d'écho a été une réussite,
vu que les objectifs fixés ont été largement atteints.
La grotte de Milandre (géotope d'importance nationale) est menacée
par la construction de l'autoroute A16. En collaboration avec d'autres partenaires,
parmi lesquels les spéléologues jurassiens, une série importante
de mesures de protection visant à protéger la grotte et les eaux
souterraines doivent être mises en place parallèlement à
l'avancement du chantier de la route. On notera l'esprit de collaboration très
positif du service des Ponts et chaussées du canton du Jura pour prendre
en considération la protection du milieu karstique.